Résidence fiscale, convention France-Japon, taxe sur les habitants, kakutei shinkoku : tout ce qu'un francophone salarié au Japon doit savoir pour ne pas payer deux fois.

Travailler au Japon soulève rapidement une question que personne ne pose clairement : qui prend les impôts, et combien ? Entre le système de retenue à la source japonais, la taxe sur les habitants, et les obligations qui persistent côté français, la situation peut sembler opaque. Ce guide démêle les règles essentielles pour un salarié francophone au Japon en 2026.
| Impôt sur le revenu (national) | 所得税 shotoku-zei, retenu à la source |
| Taxe sur les habitants | 住民税 juminzei, ~10 %, payée l'année suivante |
| Déclaration annuelle | 確定申告 kakutei shinkoku, fév-mars |
| Régularisation salarié | 年末調整 nenmatsu chosei, décembre |
| Convention France-Japon | Signée, évite la double imposition |
| Seuil de résidence fiscale | 183 jours/an au Japon |
La première question à trancher est votre statut de résidence fiscale.
Résident fiscal japonais : vous résidez habituellement au Japon (en pratique, plus de 183 jours par an). Vous êtes imposé sur vos revenus mondiaux au Japon, quelle qu'en soit la source.
Non-résident fiscal japonais : vous séjournez temporairement au Japon. Seuls vos revenus de source japonaise sont imposés, à un taux forfaitaire de 20,42 %.
Dans la grande majorité des cas, un salarié expatrié avec un visa de travail est résident fiscal japonais dès son arrivée. L'administration fiscale japonaise (NTA, 国税庁) ne raisonne pas uniquement en nombre de jours : le lieu de vie habituel, la famille, le logement permanent sont aussi pris en compte.
Votre employeur japonais retient chaque mois une avance d'impôt sur votre salaire brut, calculée selon une table officielle (源泉徴収税額表, gensen choshu zeigaku hyo). Ce montant est une estimation, pas le montant définitif.
En décembre, votre employeur effectue la 年末調整 (nenmatsu chosei, "ajustement de fin d'année"). Il recalcule l'impôt exact dû sur l'année entière, en prenant en compte :
Si vous avez trop payé, la différence est remboursée sur votre salaire de décembre. Si vous avez sous-payé, le complément est prélevé. Pour la grande majorité des salariés avec un seul employeur, c'est la seule démarche fiscale nécessaire.
| Revenu imposable annuel | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 1 950 000 ¥ | 5 % |
| 1 950 001 – 3 300 000 ¥ | 10 % |
| 3 300 001 – 6 950 000 ¥ | 20 % |
| 6 950 001 – 9 000 000 ¥ | 23 % |
| 9 000 001 – 18 000 000 ¥ | 33 % |
| Au-delà de 18 000 000 ¥ | 40–45 % |
À cela s'ajoute une surtaxe de reconstruction de 2,1 % calculée sur l'impôt national (復興特別所得税, fukko tokubetsu shotoku-zei), en vigueur jusqu'en 2037.
La 住民税 (juminzei) est souvent la mauvaise surprise des premiers mois. C'est une taxe préfectorale et municipale qui représente environ 10 % du revenu imposable de l'année précédente.
Pour un salaire annuel imposable de 5 000 000 ¥, la juminzei s'élève à environ 500 000 ¥, soit environ 41 000 ¥/mois retenus sur salaire.
La 確定申告 (kakutei shinkoku) est la déclaration de revenus individuelle annuelle, déposée entre début février et mi-mars pour les revenus de l'année précédente.
Vous devez en faire une si :
Vous n'en avez pas besoin si :
La déclaration se fait en ligne via e-Tax ou en papier à la 税務署 (zeimusho) de votre arrondissement. Un guide en anglais est disponible sur le site de la NTA.
La France et le Japon ont conclu une convention fiscale bilatérale qui définit quel pays peut imposer quoi. Les points clés pour un salarié :
Si vous travaillez physiquement au Japon pour un employeur japonais, vos salaires sont imposés uniquement au Japon. La France ne peut pas les taxer une seconde fois.
Vous ne pouvez être résident fiscal que d'un seul pays à la fois. Dès que vous transférez votre domicile fiscal au Japon, vous devenez non-résident fiscal français.
Certains revenus de source française restent imposables en France même si vous résidez au Japon :
Ces revenus peuvent aussi être déclarables au Japon sur vos revenus mondiaux, mais un mécanisme de crédit d'impôt évite la double taxation effective.
⚠️ La convention ne dispense pas des obligations déclaratives de chaque côté : vous devez déclarer en France ce qui y est imposable, et déclarer au Japon vos revenus mondiaux.
Quitter fiscalement la France n'est pas automatique. Voici la démarche à suivre.
Vous déposez une déclaration de revenus en France (formulaire 2042) pour la période allant du 1er janvier à votre date de départ. Vous indiquez :
Vous êtes non-résident fiscal français. Vous n'avez plus à déclarer en France que les revenus de source française (revenus fonciers principalement), via le formulaire 2042 NR et la déclaration 2048 pour les cessions immobilières le cas échéant.
Il n'existe pas de formulaire unique de "départ de France". En pratique :
La situation de plus en plus courante du télétravailleur francophone basé au Japon pour le compte d'une entreprise française est fiscalement complexe.
Côté japonais : si vous résidez au Japon plus de 183 jours par an, vous êtes résident fiscal japonais. Vos revenus mondiaux sont en principe imposables au Japon.
Côté français : votre employeur continue à prélever des cotisations sociales et éventuellement un acompte d'impôt à la source.
Le problème : votre employeur français n'a probablement pas d'établissement stable au Japon. Il ne peut pas faire de retenue à la source japonaise. Vous vous retrouvez avec une obligation fiscale japonaise que personne ne gère pour vous, et des prélèvements français qui continuent.
Ce qu'il faut faire :
Vous cherchez un emploi au Japon avec statut clair ?
FrancoTokyo recense les offres d'emploi pour francophones au Japon, avec employeurs locaux qui gèrent la fiscalité japonaise correctement.
Voir les offresÀ partir de ¥980/moisNon, si vous avez transféré votre domicile fiscal au Japon. La convention fiscale France-Japon évite la double imposition : les revenus de source japonaise sont imposés uniquement au Japon. Il faut néanmoins déclarer votre départ à l'administration fiscale française pour officialiser le transfert de résidence fiscale.
Dès lors que vous résidez au Japon de façon habituelle, c'est-à-dire en pratique à partir de 183 jours par an sur le territoire japonais. En dessous, vous êtes considéré comme non-résident et seuls vos revenus de source japonaise sont imposés au Japon.
Tant que vous ne vendez pas ou ne retirez pas de fonds, il n'y a pas d'imposition immédiate. En revanche, les intérêts, dividendes et plus-values générés pendant votre résidence fiscale au Japon peuvent être imposables au Japon sur vos revenus mondiaux. Consultez un conseiller fiscal avant tout mouvement important.
En général, non. Si vous avez un seul employeur japonais, votre impôt est retenu à la source chaque mois et votre entreprise effectue la régularisation de fin d'année (年末調整, nenmatsu chosei). La déclaration individuelle (確定申告, kakutei shinkoku) n'est obligatoire que si vous avez plusieurs sources de revenus ou des revenus étrangers.
Vous devez déposer une déclaration de revenus en France pour l'année de votre départ (formulaire 2042), en indiquant la date de départ et votre nouvelle adresse au Japon. Vous devenez ensuite non-résident fiscal français : vous ne déclarez plus en France que les revenus de source française (immobilier, certains revenus financiers).
Trouvez votre prochain emploi au Japon
Toutes les offres pour francophones — salaire affiché, conditions détaillées.
Voir les offres d'emploi